

Avec ce deuxième titre de la collection « Figures libres », Agnès Desarthe joue complètement le jeu et nous livre plus qu’un autoportrait : une radiographie de son imaginaire personnel ― et familial. Elle écrit : « Peut-être ferais-je mieux de commencer par expliquer que mon grand-père n’est pas mon grand-père. Bouz, Boris, Baruch n’est pas le père de ma mère. Le père de ma mère a été tué à Auschwitz en 1942. B.B.B. ― appelons-le ainsi, pour le faire court ― est l’homme avec qui ma grand-mère, la vraie, a refait sa vie… si l’on peut dire. »Né à Cernowitz, dans ces lointaines provinces de l’empire des Habsbourg, B.B.B. traverse le siècle sans déranger personne. En occupant cette place laissée vacante par le grand-père disparu, il joue désormais un rôle à la fois discret et nécessaire. Ce vieux monsieur excentrique est la pièce manquante du puzzle familial. Agnès lui doit d’avoir compris une bonne partie de son identité, longtemps occultée, comme chez certains personnages d’I.B. Singer. « Je voulais écrire sur un homme exemplaire », dit encore l’auteur.Avec tendresse, avec humour, avec obstination, Agnès Desarthe déchiffre le palimpseste de la mémoire dans ce qui restera, à l’évidence, comme un de ses plus beaux textes.
Avec ce deuxième titre de la collection « Figures libres », Agnès Desarthe joue complètement le jeu et nous livre plus qu’un autoportrait : une radiographie de son imaginaire personnel ― et familial. Elle écrit : « Peut-être ferais-je mieux de commencer par expliquer que mon grand-père n’est pas mon grand-père. Bouz, Boris, Baruch n’est pas le père de ma mère. Le père de ma mère a été tué à Auschwitz en 1942. B.B.B. ― appelons-le ainsi, pour le faire court ― est l’homme avec qui ma grand-mère, la vraie, a refait sa vie… si l’on peut dire. »Né à Cernowitz, dans ces lointaines provinces de l’empire des Habsbourg, B.B.B. traverse le siècle sans déranger personne. En occupant cette place laissée vacante par le grand-père disparu, il joue désormais un rôle à la fois discret et nécessaire. Ce vieux monsieur excentrique est la pièce manquante du puzzle familial. Agnès lui doit d’avoir compris une bonne partie de son identité, longtemps occultée, comme chez certains personnages d’I.B. Singer. « Je voulais écrire sur un homme exemplaire », dit encore l’auteur.Avec tendresse, avec humour, avec obstination, Agnès Desarthe déchiffre le palimpseste de la mémoire dans ce qui restera, à l’évidence, comme un de ses plus beaux textes.